La Réunion face à une vague inédite de défaillances d’entreprises

Alors que l’Hexagone affiche une relative stagnation économique, La Réunion s’enfonce dans la crise. Selon le dernier rapport de l’IEDOM, 1 236 entreprises réunionnaises ont déposé le bilan en un an, concrétisant une accélération alarmante du nombre de liquidations et redressements judiciaires.
Le fossé se creuse
Les données publiées en août 2026 par l’Institut d’Émission des Départements d’Outre-Mer (IEDOM) dressent un bilan négatif pour les territoires ultramarins. Sur les douze derniers mois, les Outre-mer totalisent 3 040 défaillances d’entreprises, enregistrant une hausse de 14,9 % par rapport à l’année précédente. La tendance s’accélère nettement par rapport au premier trimestre (+10,4 %).
En comparaison, la France hexagonale observe une augmentation mesurée de 5,1 % sur la même période, avec 70 803 procédures. Cet écart de près de dix points souligne la vulnérabilité accrue des marchés insulaires face à la conjoncture.
40 % des défaillances ultramarines
À l’échelle locale, la trajectoire s’avère particulièrement critique. La Réunion franchit un seuil historique en comptabilisant 1 236 procédures collectives à la fin du deuxième trimestre 2026, contre 1 050 un an auparavant. Cela représente une progression de 17,7 % sur un an.
L’île se positionne ainsi comme le territoire le plus touché en volume absolu, hébergeant à elle seule plus de 40 % de l’ensemble des défaillances recensées dans les Outre-mer. Les graphiques de l’IEDOM montrent une hausse quasi ininterrompue depuis le point bas de 2021, dépassant largement les niveaux d’avant-crise COVID.
Le commerce et les services aux personnes
Les difficultés touchent des secteurs clés de l’économie réunionnaise. L’analyse sectorielle globale met en évidence une forte poussée des faillites dans le commerce et la réparation automobile (+24,1 % dans l’ensemble des Outre-mer), ainsi que dans les transports (+47,2 %).
Sur le territoire réunionnais, la hausse du deuxième trimestre est principalement tirée par deux branches : le secteur du commerce d’une part, et celui regroupant l’enseignement, la santé, l’action sociale et les services aux ménages d’autre part. Ces défaillances en série fragilisent directement l’emploi local et le maillage des services de proximité indispensables à la population.
Alors que la croissance est atone et que la situation géopolitique internationale est d’une instabilité grandissante, un nouveau mode économique local devient urgent à construire.
Par Jean Fauconnet – Le 01/09/2026