La Réunion s’ouvre aux « Rendez-vous aux jardins » et à vos yeux

Les 5, 6 et 7 juin 2026, La Réunion se met au vert. Pour sa 23e édition, l’événement national « Rendez-vous aux jardins », orchestré par le ministère de la Culture, explore le thème très inspiré de « la vue ». De Saint-Denis à Saint-Pierre, une quinzaine de manifestations culturelles et botaniques invitent les Réunionnais à déconnecter des écrans pour poser un autre regard sur leur patrimoine végétal.
De Saint-Denis à Saint-Pierre, de Saint-Leu à Salazie, en passant par Saint-Paul, c’est toute l’île qui se mobilise. Durant trois jours, des jardins créoles familiaux, des domaines historiques, des jardins botaniques ou encore des jardins-forêts urbains ouvriront leurs portes gratuitement ou à tarif réduit. Bref, le plan parfait pour prendre l’air sans se ruiner.
Un week-end entre création artistique et transmission des savoirs
L’édition 2026 se distingue par la place accordée aux artistes et au partage des connaissances (parce qu’il n’y a pas que le géranium dans la vie). Le programme s’annonce particulièrement riche aux quatre coins de l’île :
- À Saint-Leu (Jardin Botanique Mascarin) : ce site labellisé propose un week-end complet de visites guidées et d’ateliers sensoriels autour des plantes médicinales endémiques. L’occasion idéale pour savoir enfin quelle feuille appliquer après une attaque de moustiques.
- À Hell-Bourg (La Villa Blanche) : au cœur du cirque de Salazie, ce jardin centenaire ouvre ses portes en compagnie d’artistes photographes et aquarellistes. Ambiance romantique garantie (pensez tout de même à vérifier la météo du cirque !).
- À Saint-Pierre : le jardin-forêt de l’Ilet du Centre révélera ses précieuses espèces endémiques au cours de visites guidées animées par un architecte paysagiste.
- À Saint-Denis (Domaine de Beaubassin) : ce jardin à la française, célèbre pour ses rosiers Bourbon et ses camélias, accueillera un grand troc aux plantes. Venez avec vos boutures, repartez avec celles du voisin, le tout dans un cadre inscrit aux Monuments historiques.
- Au FRAC Réunion : les jardins se transformeront en un espace de rencontre inédit entre foire horticole et art contemporain, avec des ateliers autour du végétal. Idéal pour essayer de comprendre une œuvre d’art abstrait tout en adoptant une fougère.
Label « Jardin remarquable »
L’événement coïncide avec une double reconnaissance officielle. Créé en 2004 par le ministère de la Culture, le label d’État « Jardin remarquable » distingue les parcs et jardins présentant un intérêt culturel, esthétique, historique ou botanique particulier. Prononcée par le préfet après examen d’un groupe de travail très pointilleux, cette distinction répond à des critères exigeants (composition, accueil du public, respect de la biodiversité…). Cette année, deux sites réunionnais font l’actualité.
La Vallée Heureuse (Saint-Denis) : Le sacre des hauts
Situé au Brûlé, dans les hauts de Saint-Denis à 830 mètres d’altitude (sortez les gilets), ce jardin privé de 6 500 m² reçoit cette distinction pour la toute première fois. Créé au XIXe siècle comme lieu de villégiature pour échapper à la chaleur de la côte, le site est devenu un patrimoine familial en 1939 après son acquisition par le docteur Achille Berg.
Aujourd’hui, il se compose de trois espaces distincts : une zone ancienne abritant des collections de camélias, de théiers et d’azalées autour d’un ruisseau ; un plateau central aménagé dans un pur esprit créole ; et une forêt-arboretum en pente. Le groupe de travail a particulièrement salué son entretien exemplaire et le travail de restauration écologique (adieu les espèces invasives, retour des espèces indigènes) mené en partenariat avec le Parc national pour préserver un vestige précieux de forêt primaire humide. Un site qui porte définitivement bien son nom.
Le Jardin Botanique Mascarin (Saint-Leu) : L’excellence renouvelée pour 5 ans
Déjà labellisé, le jardin botanique de Saint-Leu confirme son statut de cador en renouvelant son titre. Perché à 500 mètres d’altitude, le site est installé sur l’ancien domaine agricole du marquis Armand de Chateauvieux, qui y avait introduit dès 1857 des cultures alors novatrices comme le thé, l’oignon « de Chateauvieux » et… des pommes à cidre (chacun ses passions).
Devenu propriété du Département en 1987, puis géré directement par la collectivité depuis 2014, ce géant vert s’étend sur 30 hectares (dont 8 ouverts au public). Il rassemble environ 4 000 plantes réparties en collections thématiques (plantes lontan, verger créole, caféiers du monde, succulentes, orchidées…). Pour ce renouvellement, le jury a mis en avant l’excellence des collections, l’ouverture de nouveaux espaces et les propositions innovantes de médiation culturelle au sein de l’ancienne maison de domaine restaurée.
En pratique : Ces deux jardins remarquables seront évidemment ouverts pour l’occasion. Pour éviter de vous pointer devant un portail clos, retrouvez l’intégralité du programme et les modalités de réservation sur le site officiel : rendezvousauxjardins.culture.gouv.fr.
Auteur : JeF