Le « Collectif des professeurs déchirés » réunionnais se mobilisent contre l’« exil forcé »

Pétition professeurs

Le « Collectif des professeurs déchirés » brise le silence. À travers une pétition d’envergure adressée directement au Rectorat de La Réunion et au Ministère de l’Éducation nationale, ce regroupement de personnels éducatifs, parents, étudiants et élus dénonce les défaillances du système des mutations. Ils s’insurgent contre un système qui contraint des centaines d’enseignants locaux à s’expatrier en métropole et réclament des réformes immédiates.

C’est un cri de colère unanime qui s’élève de l’académie de La Réunion. Les signataires pointent du doigt une gestion des ressources humaines déconnectée des réalités locales, menant à une véritable rupture d’égalité.

Le paradoxe de l’exil

Chaque année, des centaines d’enseignants réunionnais sont contraints de quitter leur île pour exercer dans l’Hexagone, parfois pendant de longues années, alors même que des besoins réels existent sur le territoire. Le collectif rappelle que le déclin démographique de l’île devrait inciter l’administration à adapter ses règles, conformément aux spécificités ultramarines garanties par l’article 73 de la Constitution et la loi de 2017 sur l’égalité réelle outre-mer (EROM).

« Nous refusons que des décisions aussi fondamentales pour la vie des familles réunionnaises continuent d’être prises sans clarté, sans contrôle démocratique et sans considération pour notre territoire » peut-on lire dans la pétition.

Un système opaque jugé « arbitraire »

La pétition accuse directement l’administration de bafouer le droit à la transparence administrative (lois de 1978 et 2000). Le collectif cible particulièrement :

  • Le flou des critères : les modalités d’attribution des Centres d’intérêts matériels et moraux (CIMM), censés mesurer l’ancrage local, sont jugées trop floues et sujettes à l’arbitraire.
  • Le secret des postes : les postes vacants ne font l’objet d’aucune publication transparente, maintenant les demandeurs de mutation dans l’incertitude.

Les trois revendications phares

Pour rétablir l’équité, le mouvement exige du Rectorat et du Ministère une refonte immédiate autour de trois axes :

  1. Transparence absolue : la publication exhaustive de tous les postes vacants et attribués, adossée à une circulaire rectorale publique rendant les critères d’affectation juridiquement opposables.
  2. Sanctuarisation du barème CIMM : une revalorisation des points CIMM à 2 000 points sur la base de critères stables et vérifiables, ainsi qu’une révision de la procédure d’examen des vœux.
  3. Priorité absolue au retour : l’institution d’un droit au retour prioritaire pour les natifs et un gel provisoire des postes vacants de l’académie afin d’examiner les profils réunionnais avant toute affectation extérieure.

Le Collectif des professeurs déchirés appelle désormais l’ensemble de la population à signer massivement ce texte pour affirmer un droit fondamental : celui de « vivre, d’enseigner et de s’épanouir » à La Réunion. La balle est dans le camp des autorités.

JeF