Le Département défend l’application du cadre légal face à la colère des assistants familiaux

Face à la mobilisation des syndicats SAMFFA974 et SNT devant les grilles du Palais de la Source le mardi 26 mai, la collectivité territoriale tente d’apaiser les tensions. Au cœur du litige, le calcul des charges sociales. Le Département affirme être en parfaite conformité avec la réglementation nationale.
Le climat social reste sous tension autour du Palais de la Source. À la suite de préavis de grève déposés les 18 et 21 mai derniers, une délégation d’assistants familiaux représentant les syndicats SAMFFA974 et SNT a été reçue par la direction du Département le mardi 26 mai. Les manifestants expriment de vives inquiétudes quant à l’évolution de leurs charges sociales, pointant du doigt des répercussions directes et négatives sur leurs salaires nets.
Un désaccord de fond
Le principal point d’achoppement réside dans l’interprétation des règles de cotisations sociales. Selon le syndicat SAMFFA974, les directives fixées par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) ne seraient pas correctement appliquées sur l’île. Une première réunion de cadrage s’était d’ailleurs tenue dès le vendredi 22 mai pour aborder cette problématique spécifique.
Toutefois, la collectivité maintient fermement sa position. À l’issue des vérifications d’usage, les services départementaux ont indiqué que les taux appliqués à La Réunion (CD 974) sont strictement identiques à ceux en vigueur dans les départements de l’hexagone. De plus, la DGCS aurait déjà confirmé oralement l’inexistence d’un système de forfait pour les taux de cotisations salariales, coupant court aux affirmations syndicales. Le Département a adressé un courrier officiel à la Secrétaire Générale du SAMFFA et reste désormais dans l’attente d’une formalisation écrite de la DGCS pour clore définitivement le débat.
Le dialogue social maintenu en coulisses
Malgré ce bras de fer, la collectivité assure vouloir privilégier la concertation. Plusieurs tables rondes ont été menées ces derniers mois avec les partenaires sociaux, et les discussions se poursuivent activement avec d’autres organisations. Afin de désamorcer la crise et d’assurer un accompagnement de proximité, une grande série de rencontres est programmée tout au long du mois de juin avec l’ensemble des assistants familiaux du territoire, qualifiés par l’institution d’« acteurs essentiels de la mission de protection de l’enfance ».
Des mesures de soutien et une grille salariale supérieure au cadre légal
Pour faire face au contexte économique actuel, le Département rappelle qu’un pack de mesures d’accompagnement a été validé lors de la commission permanente du 13 mai, comprenant notamment :
- Carburant : octroi d’une aide exceptionnelle de 60 € pour compenser la hausse des prix à la pompe.
- Déplacements : remboursement intégral des frais kilométriques professionnels.
- Entretien : revalorisation de l’indemnité d’entretien à hauteur de 21,20 € par jour et par enfant.
- Avantages : attribution de tickets-restaurant et participation de l’employeur à la prévoyance santé.
Côté rémunération, la collectivité rappelle que le salaire net d’un assistant familial (hors indemnités d’entretien) s’établit à 1 500 € net pour l’accueil d’un enfant et s’élève à 4 756 € net pour l’accueil de quatre enfants. Le Département de la Réunion précise se situer au-dessus des obligations légales nationales dès le deuxième enfant accueilli.
Au-delà de la stricte bataille des chiffres et des taux de charges, cette crise remet en lumière la situation complexe et la fatigue structurelle des assistants familiaux, dont la mission quotidienne s’avère aussi indispensable que lourde. Si les revalorisations d’indemnités d’entretien et les coups de pouce financiers (comme l’aide exceptionnelle au carburant de 60 €) apportent une bouffée d’oxygène à court terme, la question de la pérennisation de la profession reste entière. Face à l’inflation galopante et à l’augmentation constante des exigences d’encadrement des enfants vulnérables, ces mesures d’accompagnement locales suffiront-elles à maintenir l’attractivité d’un métier en crise de vocation ? Le dialogue de proximité prévu en juin sera crucial pour mesurer si le compte y est réellement.
Par JeF