L’Imposteur rejoint le Syndicat de la Presse Pas Pareille

Un réseau de plusieurs dizaines de médias indépendants, né en 2023 pour mutualiser moyens, diffusion et revendications.
Nous vous annonçons que votre média réunionnais L’Imposteur est désormais membre du Syndicat de la Presse Pas Pareille (SPPP). L’adhésion, actée récemment, inscrit la publication dans un réseau national de plusieurs dizaines de titres alternatifs (presse écrite, presse en ligne, radios et productions audiovisuelles) qui partagent le refus de dépendre d’un groupe industriel, financier ou politique, engagés contre l’extrême droite.
Un syndicat né d’un double constat
D’une part, la concentration médiatique entre les mains d’oligarques favorise une extrême-droitisation de l’information. D’autre part, une production journalistique qui traite l’information comme une marchandise homogène, spectaculaire, produite en masse. « L’essor de l’IA ne fait qu’approfondir cette tendance de fond, avec l’aval d’une large partie de la profession », souligne le syndicat.
Face à cette fuite en avant, le SPPP revendique une information qui « rompt avec le conformisme idéologique » et permette « de retrouver le goût de l’altérité et l’intérêt pour la chose publique ».
La charte
La charte du syndicat fixe un socle commun. Il encourage « tout média indépendant n’appartenant à aucun groupe industriel, financier, religieux, politique ou syndical, et se retrouvant dans nos valeurs humaines et politiques », à rejoindre ses rangs, « afin de lutter contre la désinformation d’État, la pensée dominante, le contrôle médiatique opéré par une caste de milliardaires à l’agenda idéologique ultra-conservateur ».
Six revendications portées par le syndicat
1. La fin des aides publiques aux médias possédés par des groupes capitalistes. Le syndicat appelle à renforcer les dispositifs anti-concentration, à « abaisser le seuil des concentrations autorisées » et à « interdire le contrôle des actifs médiatiques par des firmes largement présentes dans d’autres secteurs d’activité économique », des mesures portées notamment par Acrimed.
2. L’abrogation du contrat d’engagement républicain. Le SPPP demande sa suppression pure et simple et plaide pour d’autres formes de contractualisation entre l’État et le monde associatif, comme la charte d’engagements réciproques.
3. Le droit de siéger dans les instances d’attribution des aides à la presse. Les identités et fonctions des membres de ces commissions sont aujourd’hui à la discrétion des pouvoirs décisionnaires. Le syndicat exige plus de transparence dans leur nomination, et leur ouverture à des médias membres du SPPP.
4. La création d’un statut d’intermittence pour les journalistes précaires. Le SPPP souhaite ouvrir le régime de l’intermittence à tous les journalistes, en prenant en considération celles et ceux qui travaillent dans un domaine d’intérêt général sans parvenir à en vivre.
5. L’attribution d’une carte de presse collective aux rédactions indépendantes. Considérant le journalisme comme un exercice collectif, le syndicat propose la création de cartes de presse attribuées aux médias d’information, et non seulement aux individus. Dans l’attente d’une modification des modes d’attribution, le SPPP imprimera et diffusera ses propres cartes, attribuées collectivement à chaque média.
6. L’éligibilité de la presse papier au pass Culture. Le dispositif, lancé en 2019 pour les jeunes de 15 à 18 ans, finance films, conférences, musées ou livres, mais exclut la presse papier. Le SPPP va mener campagne pour changer cette règle.
Une offre pour les lecteurs
Le syndicat propose également des formules d’abonnements groupés, avec des tarifs privilégiés sur les médias membres. Un dispositif qui vise à élargir l’audience d’une presse que le SPPP chiffre à « plusieurs centaines de médias libres » en France, couvrant les luttes sociales, féministes, écologistes, antifascistes ou antiracistes.
La liste des médias membres est consultables ici : https://www.syndicatdelapressepaspareille.org/les-membres-du-sppp/.
Pourquoi L’Imposteur rejoint le SPPP
Nous revendiquons un modèle d’indépendance qui recoupe les critères du SPPP avec aucune appartenance partisane, un financement assuré par les lecteurs (abonnements, dons, financements participatifs) et une exigence de rigueur qui, selon sa charte éditoriale, ne cède pas sur la vérification des sources.
L’adhésion répond aussi à un enjeu local. L’Imposteur rappelle régulièrement que « la grille de lecture métropolitaine ne suffit pas à raconter la réalité de notre île ». Dans un écosystème médiatique réunionnais concentré et sous tension, l’accès à un soutien juridique mutualisé et à une plateforme de diffusion nationale constitue un appui concret.
Cela ne change rien à notre ligne éditoriale. Nous ne sommes l’organe d’aucun parti, et nous ne le deviendrons pas davantage sous prétexte d’une alliance. Mais à partir d’aujourd’hui, quand nous enquêtons, quand nous publions, quand nous résistons, nous ne sommes plus seuls.
Par La Rédaction – Le 12/10/2026
L’Imposteur est membre du Syndicat de la Presse Pas Pareille. Pour découvrir les médias membres et les formules d’abonnement groupé : syndicatdelapressepaspareille.org