Municipales 2026 : entre ceux qui s’installent pour l’éternité et ceux qui rentrent en bus

Résultats 1er tour municipales 2026

Le premier tour des municipales 2026 est passé, et à La Réunion, on n’a pas fait les choses à moitié. Soit on aime son maire à la folie (au point de lui donner les clés de la ville pour 100 ans), soit on l’aime tellement peu que son score ressemble au prix d’un café en terrasse. Voici le grand récapitulatif des vainqueurs insolents et des naufragés du dimanche.

Sur 24 communes, 14 maires ont été élus ou réélus dès le premier tour. Pour les autres, rendez-vous dimanche prochain pour le « round 2 », si le volcan ne bloque pas toutes les urnes.

Les « Champions du 1er Tour » (Réélus dès dimanche)

Ici, on ne rigole pas. Les scores ressemblent à des températures de plein été à Saint-Gilles.

Commune Vainqueur élu au 1er tour Score (%) Le mot de L’Imposteur
Le Port Olivier Hoarau 80,46 % Score « soviétique ». L’opposition a fait de la figuration.
Petite-Île Serge Hoareau 86,27 % Il n’est plus maire, il est le propriétaire de la ville.
Bras-Panon Jeannick Atchapa 69,15 % Une promenade de santé dans les champs de canne.
Saint-Benoît Patrice Selly 65,20 % Malgré les galets, il a surfé sur une vague géante.
Saint-Denis Ericka Bareigts 62,19 % La capitale reste à gauche. La droite cherche encore sa boussole.
Plaine-des-Palmistes Johnny Payet 58,99 % Le seul maire RN de l’île garde son fauteuil bien au chaud.
Sainte-Rose Michel Vergoz 58,27 % Le doyen résiste à tout, même à l’éruption de la RN2.
Saint-Louis Juliana M’Doihoma 55,29 % Elle confirme que Saint-Louis n’est plus le terrain de jeu des anciens.
Entre-Deux Camille Clain 52,00 % Nouvelle maire. « La victoire du fond sur la forme » (et sur Bachil Valy).

Les « Matchs à Suspendre » (Direction le 2nd tour)

Là, ça va chauffer. Les calculettes sont en surchauffe et les alliances de « dernière minute » vont fleurir plus vite que les litchis en décembre.

Commune Leader du 1er tour Score (%) Principal Challenger
Saint-Paul Emmanuel Séraphin 47,16 % Cyrille Melchior (34,17 %). Le duel des titans.
Saint-Pierre David Lorion 44,33 % Emeline K/Bidi (21,75 %). La citadelle de droite tremble un peu.
Saint-Leu Thierry Robert 42,14 % Le retour du « showman ».
Le Tampon P. Thien Ah Koon 39,84 % Alexis Chaussalet (28,11 %). Bataille de générations.
Sainte-Marie Céline Sitouze 32,60 % Richard Nirlo (25,89 %). Un mouchoir de poche.
La Possession Vanessa Miranville 46,94 % Ballottage favorable mais pas gagné.

Le Carré des Naufragés (Les grands perdants)

Une pensée pour ceux qui ont cru qu’une page Facebook et trois « likes » suffisaient pour diriger une ville.

  • Jean-Hugues Ratenon (Saint-Benoît) : Avec seulement 14,20 %, le député découvre que l’Est n’est pas (encore) sa mairie.

  • Didier Robert (Saint-Paul) : 11,17 %. Un score qui fait mal pour un ancien président de Région. Le « grand rassemblement » se fera sans lui en tête d’affiche.

  • Les « Moins de 5 % » : Une mention spéciale à la dizaine de candidats qui n’atteignent pas la barre des 5 % (Farid Mangrolia à Saint-Denis, Jean-Yves Payet à Saint-Benoît, etc.). Ils ne seront pas remboursés de leurs frais de campagne.

Saint-Denis : Le crash de l’opposition

Dans le chef-lieu, Ericka Bareigts a balayé la concurrence avec un score frôlant les 55 % dès le premier tour. Le grand perdant ? L’opposition de droite qui, à force de se diviser entre Jean-Jacques Morel et les autres, a fini par s’éparpiller comme des miettes de pain devant un cardinal.

  • Le constat : Quand on passe sa campagne à lancer des rumeurs sur la vie privée au lieu de parler des embouteillages du Barachois, on finit avec un score qui ressemble à une température de frigo.

Saint-Benoît : La claque pour les « lanceurs de galets »

Patrice Selly l’emporte haut la main. Pour ses détracteurs, c’est la douche froide. Ceux qui misaient sur l’intimidation et le vandalisme des voitures de colistiers ont appris une leçon coûteuse : le Bénédictin n’aime pas qu’on touche à sa carrosserie. Les candidats qui plafonnent sous la barre des 5 % vont maintenant devoir recycler leurs affiches pour boucher les trous dans leurs clôtures.

Le Tampon : La fin des illusions

Au Tampon, alors qu’on attendait un duel serré, les résultats montrent une prime au sortant. Les candidats qui ont vu leurs affiches taguées de croix gammées n’ont pas bénéficié de l’effet de sympathie espéré. Le score est sans appel : quand le peuple veut de la stabilité, il ne vote pas pour le chaos des bombes de peinture.

Saint-Paul : Le rouleau compresseur Bello

À Saint-Paul, Huguette Bello (ou sa liste) n’a pas fait de détail. Avec un score qui frise l’insolence (plus de 57 %), elle renvoie l’opposition réviser ses classiques.

  • Le perdant : L’opposition de droite qui espérait un « second tour de l’espoir ». Résultat ? Ils se retrouvent avec un « second tour de canapé ». Les candidats qui misaient sur le mécontentement ont réalisé que les Saint-Paulois préfèrent un maire qui gère qu’un opposant qui gesticule.

Saint-Leu : Le « Grand Sommeil » de l’opposition

À Saint-Leu, le maire sortant Bruno Domen valide son ticket avec une avance confortable. Le grand perdant ici, c’est le « nom » qui ne fait plus recette. Malgré les tentatives de déstabilisation, les électeurs n’ont pas mordu à l’hameçon des vieilles querelles de familles politiques.

« À Saint-Leu, on a voté pour la tranquillité », résume Hugues-Marie de la Dodo. « L’opposition a fait tellement de bruit pour si peu de voix qu’on dirait un pot d’échappement percé sur une voiture sans permis. »

Le Port : La forteresse Hoarau

Sans surprise, Olivier Hoarau garde les clés de la ville avec un score soviétique dépassant les 60 %. Les adversaires ici n’étaient pas des candidats, c’étaient des volontaires pour un sacrifice rituel. Faire moins de 10 % au Port, c’est comme essayer de vendre de la neige en plein été au Maïdo : c’est courageux, mais c’est inutile.

L’Étang-Salé : Le match qui n’a pas eu lieu

Alors qu’on attendait un duel épique, le résultat est tombé comme un couperet. Le maire sortant renforce sa position, laissant ses opposants les plus virulents se demander si leur stratégie de « tout sauf lui » n’était pas finalement un « tout sauf nous ».

JeF