Rencontre STOP VIF 2026, abattre les silos pour enfin protéger ?

Quatre ans après les premières Rencontres STOP VIF de septembre 2022, le Collectif STOP VIF – Protégeons nos enfants avec l’association EPAA 974 réunissent à nouveau l’ensemble des acteurs de la protection de l’enfance ce lundi 17 août 2026 à Saint-Denis. Entre failles institutionnelles, spécificités ultramarines et urgence législative, cet événement entend réunir les différents acteurs locaux pour avancer avec un plan d’action collectif.
En septembre 2022, la création d’un espace de dialogue entre magistrats, forces de l’ordre, élus et familles laissait entrevoir un tournant pour la prise en charge des violences faites aux mineurs à La Réunion. Quatre ans plus tard, si la prise de conscience est indéniable, le constat demeure : ruptures dans les parcours de soins, lourdeurs administratives, difficultés lors des procédures de dépôt de plainte et embûches liées aux droits de visite et d’hébergement persistent. Le rendez-vous du 17 août au Dina Morgabine ne sera donc pas une simple tribune de convenance, mais l’occasion de partager les expériences et d’évaluer concrètement ce qui a évolué et ce qui bloque encore.
Un objectif commun
Alors que les débats nationaux s’agitent autour de propositions de lois et de réflexions sur une « loi intégrale » de protection de l’enfance, la présence confirmée de parlementaires (députés et sénateurs), aux côtés de la Préfecture, du Parquet général, du Département et du barreau, laisse espérer un objectif commun. L’enjeu est clair, celui de porter la voix des acteurs concernés dans l’hémicycle pour que la future législation réponde aux besoins réels.
La parole aux victimes et aux familles
Trop souvent reléguées au rang de simples statistiques ou d’utilisateurs passifs, les familles et les jeunes victimes seront placées au centre des débats. À travers des témoignages poignants en présentiel et en visioconférence, ce sont les failles du quotidien, comme l’accompagnement psychologique insuffisant, le manque de coordination entre services social et judiciaire, l’isolement, qui seront exposées. Parce qu’aucune réforme ne peut se faire sans l’expertise du vécu, leurs récits serviront de guide.
La nécessité d’une réponse collective
La protection de nos enfants ne supporte pas le travail en silos où chaque institution se renvoie la responsabilité, ou encore quand le lien n’est pas fait lors du traitement des dossiers . Face à la détresse des victimes et victimes collatérales, la coordination doit devenir un impératif. Ce 17 août, acteurs institutionnels et citoyens n’auront d’autre choix que d’unir leurs forces pour bâtir un bouclier de protection digne de ce nom pour nos enfants.
Par Jean Fauconnet – Le 13/08/2026