L’affaire PRMA Réunion, Épisode 3 : Fonctionnement interne – « Ambiance délétère » et management aux abonnés absents

Après le séisme financier, place au naufrage humain. Le troisième volet de notre série sur le PRMA s’immerge dans le quotidien des salariés. L’audit réalisé en 2024 par Alteris Conseil dépeint une structure à la dérive, où la rupture de communication et l’absence de direction ont plongé les équipes dans un profond mal-être professionnel.
Un climat social « négatif » et alarmant
Les conclusions de l’audit sur la qualité de vie au travail sont sans appel : un « mal-être indéniable » règne au sein du PRMA. Le climat est décrit comme une zone de « forte tension où tout sujet perd de sa rationalité », entraînant des arrêts maladie à répétition qui illustrent la souffrance des équipes. La situation est si critique qu’une lettre d’alerte sur les risques psychosociaux a été émise par la médecine du travail en mars 2024.
La rupture totale de communication
L’essentiel du problème réside dans une faillite totale de la chaîne de commandement :
- Silence radio de la direction : Les échanges entre la direction et le reste du personnel sont jugés « presque complètement rompus ». Les directives quotidiennes sont réduites au strict minimum.
- Absence de pilotage : Il n’existe aucune réunion de service organisée, aucun point individuel avec les salariés, et aucun partage d’information sur des sujets cruciaux comme le budget ou le versement des tickets restaurants.
- Des équipes « abandonnées » : Faute de méthode ou d’objectifs définis, les salariés déclarent fonctionner « par habitude ». Ils se sentent démunis et en situation d’abandon, le directeur n’apportant plus, selon l’audit, la force de proposition attendue pour son poste.
Une gestion « à vue » et un manque d’anticipation
Le manque de réactivité de la direction a des conséquences concrètes sur l’activité. L’audit pointe une « absence d’anticipation opérationnelle », notamment lors du déménagement de la structure début 2022. Ce dernier a été géré de manière chaotique, sans aucune démarche préalable de la direction, obligeant les équipes à gérer l’urgence sans idées directrices. Cette navigation à vue permanente crée un sentiment d’insécurité de l’emploi chez des salariés qui ne voient plus aucune visibilité sur l’avenir de leurs projets.
Une direction jugée « inadaptée »
Le constat de synthèse est d’une sévérité rare pour un rapport officiel : le PRMA souffre de « problèmes considérables de management avec une direction jugée incompétente et inadaptée ». Les salariés reprochent au directeur de ne jamais prendre sa part de responsabilité face aux difficultés (déficit, problèmes de locaux) et de laisser le personnel chercher seul des solutions. En interne, cette carence de leadership a mené à une dégradation nette des relations entre collègues et à une crise aiguë qui attend, selon l’audit, une réponse urgente.
L’urgence paraît toute relative pour les autorités publiques lorsque l’on observe que les subventions continuent de tomber et que rien n’a été rendu public depuis la réception de l’audit par La Région en 2024. Selon des sources internes, la directrice de la DAC OI, Marie Jo Lo Thong, représentante de l’état, n’aurait pas été consultée ou même informée suite à cet audit.
À suivre, Épisode 4 : Le choix des artistes – Opacité, favoritisme et « entre-soi » au PRMA
Par Komité Pangar ! – Le 16/07/2026
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