La colère de la FSU 974 après la visite ministérielle à Mayotte

À l’occasion de la récente visite gouvernementale à Mayotte, la mobilisation syndicale a tourné au bras de fer. Éloignement des militants, arrestation d’un responsable syndical et absence de dialogue : la FSU 974 sort du silence pour apporter son soutien à l’intersyndicale mahoraise et fustiger des méthodes jugées indignes d’un État de droit.
Une visite gouvernementale sous tension
La récente venue de la délégation gouvernementale sur l’île de Mayotte devait être l’occasion d’échanges sur l’avenir du territoire. Alors que les organisations syndicales locales s’étaient mobilisées pour porter leurs revendications, le traitement réservé aux manifestants a provoqué une vague d’indignation qui dépasse désormais les frontières du 101e département français.
Dans un communiqué, la FSU 974 exprime son soutien « total et inconditionnel » à l’intersyndicale de Mayotte, à son camarade Rivo Rakotondravelo, ainsi qu’à l’ensemble des travailleurs et travailleuses en lutte pour le respect de leurs droits et l’égalité sociale.
Des libertés syndicales directement pointées du doigt
Les faits rapportés par les représentants des travailleurs décrivent un climat particulièrement tendu. Selon les syndicats, des militants auraient été maintenus à l’écart des rassemblements dans un espace restreint qualifié par l’intersyndicale de véritable « cellule à ciel ouvert ».
L’incident le plus marquant reste toutefois l’expulsion de la place de la République puis l’interpellation de Rivo Rakotondravelo, responsable syndical et secrétaire départemental de la FSU-SNUipp 976. Cet événement est qualifié par la FSU 974 d’atteinte grave à l’exercice des libertés syndicales et au droit fondamental de manifester.
« Lorsque les travailleurs demandent à être entendus, la réponse ne peut être le silence, l’éloignement ou la répression. Ces méthodes traduisent une conception particulièrement préoccupante du dialogue social. »
La FSU 974 exige un vrai dialogue
Au-delà de la dénonciation des violences et des entraves administratives, la FSU 974 refuse que le dialogue social soit réduit à une « simple opération de communication ». Le syndicat rappelle que l’intersyndicale de Mayotte porte des requêtes légitimes et fondamentales pour le quotidien des Mahorais :
- L’indexation des salaires ;
- Le soutien au pouvoir d’achat ;
- La convergence sociale et l’égalité des droits.
Le refus de la délégation gouvernementale de recevoir directement les représentants des travailleurs constitue, selon l’organisation, un profond mépris face aux réalités vécues sur le territoire.
Un appel au respect des principes démocratiques
Dénonçant des pratiques autoritaires qu’elle juge inadmissibles dans une démocratie, la FSU 974 conclut en soulignant que « à Mayotte comme partout sur le territoire de la République, les libertés syndicales et le droit de manifester doivent être pleinement respectés ». Elle réaffirme son rejet de toute tentative d’intimidation ou de répression à l’encontre des porte-paroles des salariés.
Par La Rédaction – Le 02/09/2026




