La jeunesse et la tradition debout pour faire peuple au Festival Kabar Défilé

Ce dimanche 26 juillet, le Stade de l’Est s’est transformé en un sanctuaire vibrant de la culture péi. Porté par l’association Lankraz et la ville de Saint-Denis, le grand Festival Kabar Défilé a rassemblé plus de 5000 personnes et 300 artistes dans une grande messe populaire, gratuite et résolument engagée. Récit d’une journée où la tradition a fait résonner un message de fierté et d’unité.
Quand le peuple redevient acteur de sa culture
Hier, au Stade de l’Est, la culture s’est vécue au plus près de la chair et du cœur. Dans une scénographie immersive à 360° saisissante, les barrières ont volé en éclats : des artistes tractés au milieu de la foule, des vagues de chorales et des danseurs déferlant dans les travées.
En offrant un spectacle entièrement gratuit et accessible à tous, les organisateurs ont rappelé une vérité essentielle : le Maloya n’est pas un produit de consommation culturelle, c’est un bien commun. Voir plus de 5000 Réunionnais de tous horizons vibrer d’une seule voix a prouvé que la culture populaire, lorsqu’elle est décloisonnée, possède un pouvoir de rassemblement inégalé.

300 voix pour un ancrage vital
Sur le plateau, la symbiose était totale. Des figures emblématiques de la scène locale — à l’instar de Votia, Ban Makwalé, Madia, Didi Maloya ou encore Lélin Gado — ont partagé l’espace avec la relève de la jeune création. En tout, plus de 300 maloyeurs, chanteurs, fonnkézèr et musiciens ont uni leurs forces.
Mais au-delà de la performance artistique, c’est l’esprit de ce rassemblement qui a irrigué chaque minute de ce kabar. L’ancrage (lankraz) n’est pas un vain mot, c’est un acte de résistance contre le déracinement et la perte de repères. En faisant monter sur scène des amateurs, des jeunes issus des quartiers et des maîtres de la tradition, l’événement a réussi son pari : celui de la transmission intergénérationnelle.
Le Maloya, arme vivante
Musique de marronnage et de résistance, longtemps frappée d’interdiction, le Maloya a rappelé ce dimanche toute sa force politique et émancipatrice. Dans une époque prompte à l’individualisme et à la fragmentation, ce Kabar Défilé s’est imposé comme une réponse vibrante : une démonstration de force pacifique célébrant la Réunionnité.
Plus qu’un simple festival, cette journée restera comme un manifeste artistique et social. Une preuve éclatante que lorsque La Réunion puise dans ses racines ancestrales, elle ne fait pas que regarder son passé : elle construit, debout et unie, le présent et l’avenir de son identité.
Par Jean Fauconnet – Le 27/07/2026




