2,3 millions pour le bureau de Macron, l’indécence jusqu’au bout

Politique
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Tribune

2,3 millions d’euros ! C’est la somme provisionnée dans le projet de budget pour financer les futurs bureaux d’Emmanuel Macron après son départ de l’Élysée. Un bail de six ans, des travaux, des équipements, et surtout d’importants coûts de sécurisation. Le tout financé par l’État, c’est-à-dire par nous.

Ce n’est pas illégal, mais…

…dans un pays qui subit une crise sociale profonde, où les fins de mois sont difficiles pour des millions de Français, où l’on demande aux uns et aux autres de “faire des efforts”, où le gouvernement cherche des milliards d’économies, le président de la République pourrait au moins avoir la décence de renoncer à ce que le décret du 4 octobre 2016 lui accorde. Mais non. Le dispositif est maintenu. Les bureaux seront payés. Le personnel sera payé. La sécurité sera payée. Par vous, par moi, par tous ceux qui n’ont pas de bureau de fonction, de voiture avec chauffeur et de cabinet après avoir quitté leur poste.

Emmanuel Macron a beau avoir renoncé à sa pension annuelle d’ancien président (environ 6 000 euros bruts par mois), il n’a pas renoncé au reste. Or le reste, c’est justement le plus coûteux avec les locaux, les collaborateurs, les frais de représentation, les déplacements. Autrement dit, le geste symbolique existe, mais il ne touche pas l’essentiel. La facture reste très élevée.

Certains objecteront que ce dispositif est prévu par un décret, que l’Élysée n’a pas encore choisi les locaux, que la provision est “préventive”, et que ces moyens servent la sécurité et la continuité de l’État. Entendons-nous bien, la sécurité d’un ancien chef d’État est un sujet sérieux. Mais 2,3 millions d’euros pour un bureau, quand tant de Français peinent à se loger, à se soigner, à chauffer leur maison, cela ne relève plus de la nécessité républicaine. Cela relève d’un entre-soi statutaire.

La vérité, c’est que ce débat n’est pas d’abord juridique. Il est moral. Il est politique. Il est même démocratique. Pourquoi un ancien président, qui a perçu près de 2 millions d’euros nets imposables sur dix ans de mandat, ne financerait-il pas lui-même une partie de ses bureaux ? Pourquoi le contribuable devrait-il continuer à payer les frais d’installation et de fonctionnement de ceux qui ont déjà été si largement rémunérés pour exercer le pouvoir ?

On nous répondra que ces avantages ne sont pas des cadeaux personnels, mais des moyens de fonction accordés d’office. C’est vrai sur le plan juridique. Mais c’est justement le problème car le cadre légal lui-même est devenu indéfendable aux yeux des citoyens. Un ancien président peut parfaitement demander une réforme, plafonner ces moyens, les limiter dans le temps, les conditionner aux revenus, ou contribuer financièrement. Il ne le fait pas. Il se contente du minimum symbolique et laisse la facture aux Français.

Dans un contexte où Emmanuel Macron est déjà perçu par une large partie du pays comme le président des riches, des privilèges et des déconnections, cette nouvelle dépense est une faute politique de plus. Elle nourrit le ressentiment. Elle alimente la défiance. Elle donne raison à ceux qui pensent que les dirigeants exigent des sacrifices qu’ils ne s’appliquent jamais à eux-mêmes. Et elle transforme une question budgétaire en symbole d’une injustice ordinaire car, oui, ceux qui ont le plus de moyens continuent d’être ceux pour qui l’État paie le plus.

Il ne s’agit pas ici de haine, ni de procès d’intention. Il s’agit d’exigence démocratique. La légalité ne suffit pas à fonder la légitimité. Un responsable public doit être exemplaire, surtout quand il a contribué, par ses choix, à aggraver la situation économique et sociale du pays. Emmanuel Macron a gouverné pendant dix ans. Il laisse une France plus fracturée, plus endettée, plus inquiète. Et au moment de partir, il continue de demander aux Français de payer pour lui.

Son bureau va nous coûter un “pognon de dingue” !

C’est légal. Mais c’est immoral. Et, franchement, c’est insupportable.

Par Jean Fauconnet – Le 30/10/2026

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Jean Fauconnet

« Choisir de ne pas savoir, c'est déjà obéir. » Fidèle à cette devise, Jean Fauconnet est tourné vers journalisme d'impact, celui qui percute la réalité. Journaliste professionnel titulaire de la carte de presse.