De la Gironde au Bassin du Congo notre planète brûle en silence

Si les surfaces brûlées diminuent à l’échelle globale, la destruction des forêts primaires et des mégafeux n’a jamais été aussi dévastatrice. Entre cécité médiatique, intérêts économiques et impuissance diplomatique, le monde assiste en spectateur à l’embrasement de ses plus grands puits de carbone.
C’est une phrase prononcée il y a près d’un quart de siècle qui sonne aujourd’hui comme une prophétie tragique. Le 2 septembre 2002, au Sommet de la Terre à Johannesburg, le président français Jacques Chirac lançait à la tribune de l’ONU :
« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre. […] Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ! Prenez garde que le XXIe siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie. »
Vingt-quatre ans plus tard, la métaphore politique est devenue une réalité littérale. Les cartes satellites de la NASA et du système européen Copernicus scintillent d’anomalies thermiques d’un bout à l’autre du globe. Pourtant, le traitement politique et médiatique de cette crise environnementale majeure reste bloqué dans une vision locale, fragmentée et myope.
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