Liberté de la presse : le pays des Lumières cherche l’interrupteur
Si la France adore se draper dans sa cape de « phare des libertés », le classement annuel de Reporters Sans Frontières (RSF) agit comme une douche froide, récurrente. Derrière les montagnes russes de son rang mondial se cache une réalité complexe. Une démocratie qui protège la presse et les journalistes, certes, mais laisse leurs outils de travail rouiller dans des fragilités structurelles qui menacent l’indépendance même de l’information.
Depuis une décennie, la trajectoire de la France dans le classement RSF ressemble à un électrocardiogramme de patient stressé. En oscillant entre la vingtième et la quarantième place, la France s’est installée dans une forme de « grisaille démocratique », cette zone tiède où l’on n’est pas tout à fait en enfer, mais loin du paradis scandinave. Le point bas historique de 2016, consécutif au traumatisme de l’attentat contre Charlie Hebdo, a laissé place à une remontée fragile, régulièrement stoppée net par les tensions sociales.
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