LIBERTÉ DE LA PRESSE : le PRMA Réunion choisit l’intimidation juridique

Société
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Quelques heures seulement après la publication de « L’affaire PRMA Réunion – Épisode 1 : les
financements publics culturels servent-ils des intérêts privés ?
» signée du Komité Pangar révélant les conclusions de l’audit Alteris Conseil sur la gestion du Pôle Régional des Musiques Actuelles (PRMA), la réponse institutionnelle n’a pas tardé. Mais au lieu de répondre sur le fond et d’apporter la transparence attendue par les contribuables et les artistes Réunionnais, le PRMA a choisi la méthode forte : la menace juridique par voie de mise en demeure.

La transparence et le débat d’intérêt général feraient-ils peur aux institutions culturelles ? La question mérite légitimement d’être posée. Hier, le Komité Pangar publiait dans nos colonnes le premier volet d’une série d’analyses sur le fonctionnement interne du PRMA. En s’appuyant sur les faits mis en lumière par l’audit organisationnel et financier de 2024 (cabinet Alteris Conseil), cette tribune citoyenne interrogeait un système où 95 % du budget provient d’argent public, alors même que les artistes locaux se retrouvent marginalisés dans la gouvernance (seulement 4 votes représentatifs sur 25 en Assemblée Générale).

La culture du secret contre le droit à l’information

La réaction du Président du PRMA a été immédiate. Par un courrier formel de mise en demeure adressé à notre direction de publication, l’institution brandit la menace de poursuites civiles et pénales systématiques face à ce qu’elle qualifie « d’atteinte grave à son honneur et à sa réputation ».

Cette stratégie juridique classique, souvent assimilée à une tentative de « procès-baillon », vise un objectif clair : faire pression sur notre média pour bloquer la diffusion des prochains épisodes d’une enquête d’intérêt public. En agissant de la sorte, le PRMA semble oublier que l’argent qui finance ses structures appartient aux citoyens. Ces derniers possèdent un droit inaliénable et constitutionnel à savoir comment leurs impôts sont gérés.

L’intimidation face à une expression citoyenne indépendante

Il est utile de rappeler au PRMA une distinction éditoriale fondamentale : le texte incriminé est signé du Komité Pangar, publié dans un espace clairement identifié et dédié à l’Expression Citoyenne. Comme le précise explicitement l’encart sous la publication :

« Cet espace dédié à l’expression citoyenne accueille des contributions libres, indépendantes, non rémunérées. Ces propos n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas la ligne éditoriale de la rédaction. »

En s’en prenant directement au diffuseur plutôt qu’en saisissant l’opportunité de débattre publiquement, la direction du PRMA démontre une fébrilité déconcertante face à la contradiction.

La liberté de la presse ne se négocie pas

Le PRMA affirme dans sa missive être « profondément attaché à la liberté de la presse ». Dont acte. Mais la liberté de la presse ne consiste pas uniquement à publier des communiqués de presse lisses et validés par des services de communication institutionnels. Elle consiste aussi et surtout, à porter à la connaissance du public des rapports officiels, comme l’audit Alteris, que certains auraient sans doute préféré laisser dormir dans des tiroirs administratifs.

Nous réaffirmons avec force : notre média ne cédera à aucune pression ni aucune tentative d’intimidation juridique. Fidèles à notre déontologie, nous réitérons publiquement notre proposition au PRMA : nos colonnes leur sont ouvertes s’ils souhaitent exercer leur droit de réponse et s’expliquer point par point sur les dysfonctionnements, les risques juridiques de « gestion de fait » et le manque de démocratie interne pointés par l’audit ou sur tout autre élément publié les concernant.

Le débat public et la transparence culturelle à La Réunion ne s’éteindront pas sous le poids des menaces. L’intérêt général exige la vérité, et l’Épisode 2 de cette enquête, consacré aux dérives financières et à l’erreur comptable de 45 000 €, sera publié comme prévu.

Maintenant, au PRMA d’apporter ses éléments contradictoires plutôt que des menaces.

Par Jean Fauconnet – Le 03/07/2026

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2 pensées sur “LIBERTÉ DE LA PRESSE : le PRMA Réunion choisit l’intimidation juridique

  • C’est l’hôpital qui se fout de la charité. Au sein de cet organisme il y a des gens qui n’hésitent pas à salir la réputation d’acteurs culturels réunionnais, juste sur la base de ladilafé, sans preuve concrète, sans enquête judiciaire et là ils réagissent quand c’est eux qui sont épinglés?…

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Jean Fauconnet

« Choisir de ne pas savoir, c'est déjà obéir. » Fidèle à cette devise, Jean Fauconnet est tourné vers journalisme d'impact, celui qui percute la réalité. Journaliste professionnel titulaire de la carte de presse.