Le Tampon : cyberattaque, eau potable, scène effondrée…

Coïncidences ou déstabilisation ?
En six mois, la commune a connu une cyberattaque, une eau non potable pour 40 000 habitants, une piscine saccagée, une scène qui s’effondre et des perquisitions. Depuis l’élection du maire LFI Alexis Chaussalet, Le Tampon vit sous tension. Aucune enquête ne prouve encore un plan coordonné. Mais cette succession d’évènements pose question.
Un changement politique qui dérange
Le 22 mars 2026, Le Tampon a tourné une page vieille de près de quarante ans. Alexis Chaussalet, trente-trois ans, maire LFI, mettait fin à l’hégémonie de la famille Thien-Ah-Koon. Un séisme politique local. Depuis, la ville semble vivre au rythme des coups reçus.
Le 14 avril, des perquisitions visent la mairie et la CASUD. Elles concernent un marché public attribué en 2019, sous la précédente majorité. La nouvelle équipe assure coopérer avec la justice. L’opposition, menée par Patrice Thien-Ah-Koon et Nathalie Bassire, conteste l’élection devant le tribunal administratif. En septembre dernier, la justice confirme la victoire d’Alexis Chaussalet.
Des coups qui s’enchaînent
Le 10 mai, la piscine de Trois-Mares est victime d’un vandalisme important. Bassin vidé, toboggans saccagés, pompes cassées, détritus dans l’eau. Le maire parle d’un « sabotage organisé ». L’équipement, fréquenté par près de 80 000 personnes par an, ferme plusieurs jours.
Le 9 septembre, c’est au tour des systèmes informatiques de la mairie d’être attaqués. Cyberattaque. Services paralysés, lignes coupées, accueil du public en mode dégradé. La municipalité évoque une possible fuite de données et saisit l’ANSSI.
Le 8 octobre, lors des répétitions de l’élection de Miss et Mister Tampon, en marge des Florilèges, la scène principale s’effondre. Une vingtaine de participants chutent d’environ deux mètres. Quatre blessés légers. La mairie assure que toutes les règles de sécurité avaient été respectées.
Puis, le 9 octobre, l’eau. Une panne à l’usine de Leveneur, aggravée par une grève illimitée chez Sudéau depuis le 7 octobre, rend le robinet non potable pour 40 000 habitants, du 19e kilomètre au centre-ville. Distribution de packs d’eau, inquiétude sanitaire, vie quotidienne perturbée.
Sabotages ?
Alors, coïncidences ? Accumulation ? Ou stratégie ? Il faut le dire, aucune preuve publique ne relie aujourd’hui ces événements entre eux. La justice, l’ANSSI et les services de l’État sont saisis. Mais il y a un fait que personne ne peut nier. C’est bien depuis l’arrivée de la nouvelle majorité que Le Tampon encaisse, subit.
Le maire dénonce une « stratégie organisée de violence, de sabotage et d’intimidation ». Avant même son élection, il avait signalé des jets de galets contre ses militants. Et chaque nouvel incident est immédiatement lu à travers le prisme politique. C’est peut-être excessif. C’est peut-être injuste. Mais c’est le signe qu’un seuil a été franchi.
Ce que cela dit de la démocratie locale
Il ne s’agit pas de sacraliser un maire. Il ne s’agit pas de crier au complot sans preuves. Il s’agit de refuser l’indifférence. Une cyberattaque, une eau non potable, une piscine détruite, une scène qui s’effondre : tout cela est grave. Ce sont des attaques contre la vie quotidienne, contre la sécurité, contre la confiance. Les habitants du Tampon n’ont pas à payer les guerres politiques. Ils n’ont pas à subir les conséquences d’un climat de vengeance ou de déstabilisation.
Ce qu’ils méritent, c’est la vérité. Des enquêtes indépendantes, rapides, transparentes. Que les responsabilités soient établies, sans complaisance et sans paranoïa. Le Tampon n’est pas maudit. Il est en tension. La différence entre les deux, c’est la lumière. Souhaitons qu’elle soit faite.
Par Jean Fauconnet – Le 13/10/2026




