Indépendance de Maurice : 58 ans que nos voisins ont rendu les clés aux Anglais

Monde

Ce jeudi 12 mars, pendant que nous, Réunionnais, on se demande encore si on doit tendre vers une autonomie alimentaire, l’île Maurice célèbre ses 58 ans d’Indépendance et ses 34 ans de République. Chez nos voisins, le 12 mars, c’est sacré. C’est le jour où ils ont dit « Thank you, goodbye » à la Reine et aux Britanniques pour devenir les patrons de leur propre destin.

1968-1992 : Le grand saut (sans parachute, mais avec succès)

Tout a commencé en 1968 sous l’impulsion de Sir Seewoosagur Ramgoolam (ce n’est pas que le nom de l’aéroport de plaisance). À l’époque, les Anglais dirigeaient tout. Puis, en 1992, les Mauriciens se sont dit : « Avoir une Reine à Londres comme Chef d’État, c’est sympa pour les timbres, mais on préfère avoir notre propre Président ».

Sir Veerasamy Ringadoo est alors devenu le premier Président. Depuis, Maurice est une République souveraine.

« C’est le concept de la colocation qui s’arrête […] Ils ont gardé le Commonwealth pour prendre le thé avec les anciens proprios, mais ils ont changé les serrures de la maison. »

Une croissance impressionnante

Depuis l’indépendance, Maurice a fait un sprint de développement. Infrastructures modernes, routes (presque) sans nids-de-poule, économie diversifiée… Ils sont partout ! Nations Unies, Union Africaine, Francophonie (parce qu’ils parlent mieux français que les Anglais et mieux anglais que les Français).

Ils ont même créé la Commission de l’Océan Indien (COI) pour qu’on puisse discuter entre îles sans que Paris ou Londres ne nous disent quelle chemise porter.

Le drapeau « arc-en-ciel » et le Dodo nostalgique

Le drapeau mauricien est un résumé de leur philosophie :

  • Rouge : Pour le sang versé
  • Bleu : Pour l’océan qui les entoure
  • Jaune : Pour la lumière de l’indépendance
  • Vert : Pour la canne à sucre

Sur leurs armoiries, on trouve un Dodo et un Cerf.

« Mettre un dodo sur ses armoiries, c’est un message fort », note notre envoyé spécial. « C’est dire au monde : on est uniques, on est rares, et si vous ne faites pas attention, on disparaît… mais pour l’instant, on vous vend du textile et des services financiers. »

L’invité d’honneur : les Seychelles dans la place

Cette année, l’invité d’honneur est le président des Seychelles, Patrick Herminie. Il va assister au lever du drapeau au Champ-de-Mars avec le Premier ministre Navin Ramgoolam. C’est le sommet des Mascareignes : quand le paradis invite le paradis pour fêter la fin de la colonisation.

Maurice, une identité

Quand on voit Maurice, on se pose des questions. Ils ont un hymne écrit par un poète, une fleur nationale (la Trochetia) qui ne pousse que chez eux, et une unité multiculturelle qui ferait passer un Benetton pour un club de bridge monochrome.

Ils sont indépendants, ils sont fiers, et ils ont même une devise en latin : ‘Stella Clavisque Maris Indici‘. L’Étoile et la Clé de l’océan Indien

Chez nous à La Réunion, notre devise c’est plutôt ‘Florebo quocumque ferar‘ (Je fleurirai partout où je serai porté), mais en ce moment, on est surtout portés par les embouteillages de la RN2 pour aller voir la coulée de lave. Joyeux anniversaire, Maurice ! Gardez-nous une part de gâteau (et un peu de biryani).

JeF

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JeF

« Choisir de ne pas savoir, c'est déjà obéir. » Fidèle à cette devise qu'il a lui-même inventée suite à une insolation, JeF est une figure de proue du journalisme d'impact, celui qui percute la réalité jusqu'à ce qu'elle change de forme. Au-delà du côté humoristique, JeF est journaliste professionnel titulaire de la carte de presse.

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