De La Réunion à l’espace

Monde
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Simon Maillot, le doctorant qui veut alimenter les bases lunaires

Le jeune ingénieur réunionnais, doctorant au sein de l’agence spatiale japonaise, a présenté ses travaux sur le transfert d’énergie sans fil au congrès mondial d’astronautique d’Antalya. Un projet de pointe qui pourrait révolutionner l’énergie spatiale et dans lequel La Réunion a son rôle à jouer.

Originaire du Tampon, Simon Maillot poursuit un doctorat au sein de l’Institute of Space and Astronautical Science (ISAS) de l’agence spatiale japonaise JAXA. Il vient de présenter, avec ses collègues japonais, une étude portant sur le développement des satellites à énergie solaire et le transfert d’énergie sans fil pour les applications lunaires, lors du congrès international d’astronautique (IAC 2026) qui se tient actuellement à Antalya, en Turquie.

Interview de Simon Maillot par Laurence Honnorat – IAC2026 Antalya.

Une technologie au service des futures bases lunaires

L’objectif de ces recherches est clair : permettre de fournir durablement de l’énergie aux futures colonies et bases lunaires, afin que l’homme puisse s’y établir de manière pérenne. Le principe repose sur les satellites à énergie solaire (Solar Power Satellites, SPS), capables de capter l’énergie solaire dans l’espace puis de la transmettre vers une base lunaire ou vers la Terre par micro-ondes.

Cette technologie n’a rien de science-fiction. Le Japon s’apprête à lancer une mission décisive dans ce domaine : le projet OHISAMA (qui signifie « Soleil » en japonais). Ce satellite expérimental, d’un poids d’environ 180 kilogrammes, sera placé en orbite basse, à près de 450 kilomètres d’altitude, avec pour mission de démontrer la viabilité du transfert d’énergie sans fil depuis l’espace.

Simon Maillot a d’ailleurs souligné dans son interview que cette technologie est déjà en phase de démonstration : « cette technologie n’est absolument pas futuriste, étant donné que la conquête lunaire a été relancée l’année dernière avec les Américains, le premier survol de la Lune depuis 1972, et le fait que, dès l’année prochaine, l’agence spatiale japonaise lancera une mission qui s’appelle OHISAMA et qui aura pour but de démontrer la viabilité de cette technologie en orbite ».

Un enjeu scientifique

Le cœur du défi technique sur lequel travaille Simon Maillot au sein du laboratoire de recherche japonais concerne la précision du contrôle du faisceau micro-ondes. Dans ses travaux présentés lors de précédents congrès, il compare différentes méthodes de contrôle de faisceau pour les grands systèmes de transmission d’énergie sans fil. Sa recherche se concentre sur une méthode dite « rétrodirective numérique », qui utilise le traitement numérique du signal pour améliorer la synchronisation de phase et la précision de l’orientation du faisceau.

L’enjeu est de taille : le satellite se déplace à plus de 27 000 km/h et doit maintenir son faisceau micro-ondes pointé vers une station au sol avec une marge d’erreur inférieure à 0,001 degré. Un défi d’ingénierie sans précédent que Simon Maillot contribue à relever.

Ses travaux ont déjà donné lieu à une publication scientifique dans la revue Advances in Space Research, co-signée avec son directeur de recherche Koji Tanaka.

La Réunion, pionnière dans cette technologie ?

Pour Simon Maillot, La Réunion a toute sa place dans cette aventure technologique. Lors de son interview, il a tenu à souligner les atouts de l’île : « La Réunion a tout à fait sa place en tant que pionnière dans le développement de cette technologie, étant donné qu’elle dispose d’entreprises tout à fait capables de développer les différents composants de cette technologie, notamment les panneaux solaires, les convertisseurs d’énergie et les antennes, et elle dispose même d’un laboratoire intégré au sein de l’université de La Réunion, qui est dédié au sujet du transfert d’énergie sans fil ».

Cette expertise locale n’est pas nouvelle. Avant son départ pour le Japon, Simon Maillot avait déjà participé au projet Payankeu, un voilier solaire développé par l’Université de La Réunion dans le cadre du défi Terre-Lune. Il avait notamment conçu un compteur de poussières cosmiques pour ce projet, présenté lors du congrès IAC 2022 à Paris.

Un parcours d’excellence

Le parcours de Simon Maillot force le respect. Après une formation d’ingénieur à l’IPSA (Institut Polytechnique des Sciences Avancées) à Paris, il a effectué un stage de trois mois au sein du laboratoire Tanaka à la JAXA, à Sagamihara, près de Tokyo. Une expérience déterminante qui l’a conduit à poursuivre en doctorat au sein de la prestigieuse Graduate University for Advanced Studies (SOKENDAI), rattachée à l’ISAS.

Son choix de carrière, il l’assume pleinement : « Après mes études, je m’efforcerai de trouver un emploi d’ingénieur en opération satellite ou portant sur les technologies spatiales solaires en Europe ou en Asie », confiait-il lors d’un portrait réalisé par Réunionnais du Monde.

Aujourd’hui, à Antalya, c’est un Réunionnais qui contribue activement à l’une des technologies les plus prometteuses du secteur spatial. Et si, demain, les premières bases lunaires étaient alimentées grâce à des travaux menés en partie depuis La Réunion ?

Par Jean Fauconnet – Le 08/10/2026

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Jean Fauconnet

« Choisir de ne pas savoir, c'est déjà obéir. » Fidèle à cette devise, Jean Fauconnet est tourné vers journalisme d'impact, celui qui percute la réalité. Journaliste professionnel titulaire de la carte de presse.