Paris : Cyrille Melchior réclame des arbitrages budgétaires spécifiques pour La Réunion

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Le président du Conseil départemental de La Réunion, Cyrille Melchior, a enchaîné les rendez-vous ministériels à Paris en marge des commémorations des 80 ans de la départementalisation. Mobilité, logement social et financement de la dépendance ont été au cœur des discussions à Matignon.

En déplacement à Paris, le président du Conseil départemental de La Réunion, Cyrille Melchior, a mené une série d’entretiens politiques de premier plan. Après avoir assisté aux célébrations de la départementalisation au ministère des Outre-mer, l’élu réunionnais a été reçu à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ainsi que par Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées. L’objectif affiché : obtenir des inflexions gouvernementales sur plusieurs dossiers financiers jugés critiques pour l’île.

L’aérien au centre des tensions

Face au chef du gouvernement, Cyrille Melchior a formellement demandé une exonération pour les territoires ultramarins de la hausse récente de la Taxe de Solidarité sur les Billets d’Avion (TSBA). Pour le chef de l’exécutif départemental, cette augmentation fiscale pèse indûment sur le pouvoir d’achat des Réunionnais, pour qui l’aérien constitue l’unique liaison avec l’Hexagone.

Dans un courrier remis en main propre à Sébastien Lecornu, l’élu a plaidé pour une réévaluation des dispositifs de continuité territoriale. « L’avion n’est pas un luxe à La Réunion. C’est notre route nationale », a-t-il martelé, pointant du doigt une contradiction entre la volonté affichée de lutter contre la vie chère et le renchérissement du coût de la mobilité.

Sur le volet de l’habitat, l’accent a été mis sur la sécurisation de la Ligne budgétaire unique (LBU). Alors que le secteur du logement social traverse une zone de fortes turbulences économiques, le Département réclame le maintien strict de ces crédits d’État.

Vieillissement et handicap

La seconde séquence de ce déplacement parisien s’est jouée avec la ministre déléguée à l’Autonomie. Cyrille Melchior a alerté le gouvernement sur l’impact financier du vieillissement accéléré de la population réunionnaise et de la prise en charge du handicap.

Selon les chiffres avancés par la collectivité, La Réunion subit l’un des restes à charge les plus lourds de l’Hexagone et des Outre-mer concernant les politiques de dépendance. Les dépenses liées à l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et à la Prestation de compensation du handicap (PCH) connaissent une trajectoire à la hausse, la PCH progressant à elle seule de près de 20 % par an.

Pour éponger ce différentiel, le Département sollicite une refonte des clés de répartition de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et demande une revalorisation du coefficient géographique appliqué à l’île. Reste désormais à savoir comment Matignon arbitrera ces arbitrages budgétaires dans un contexte national de réduction des dépenses publiques.

Par La Rédaction – Le 02/06/2026

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