Vers une saison de chasse de 365 jours : et si on transformait La Réunion en « Tangue-Land » ?

Société
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Alors que la saison officielle de la chasse au tangue – le Tenrec ecaudatus pour les intimes – ne dure généralement qu’un mois et demi, une poignée de « visionnaires » propose une solution radicale pour simplifier la vie des Réunionnais : et si on arrêtait de compter les jours ?

Le tangue : nuisible ou trésor national ?

Pour rappel, le tangue n’est pas un habitant historique de l’île. Introduit de Madagascar pour servir de garde-manger sur pattes, il est techniquement considéré comme une espèce exotique envahissante (EEE). Selon les rapports de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), il n’est pas franchement tendre avec notre écosystème : il dévore les escargots endémiques, les insectes rares et perturbe l’humus des forêts primaires.

Pourtant, au lieu de l’éradiquer comme on le ferait avec un virus, on le protège avec des dates de fermeture de chasse. Cherchez l’erreur.

Les arguments (très) discutables pour une chasse permanente

Pourquoi s’embêter avec un calendrier quand on peut avoir du civet frais en plein mois d’août ? Voici les « piliers » de cette réforme imaginaire :

  • Le plein emploi pour les chiens : Pourquoi laisser nos fidèles compagnons s’empâter devant la télé 10 mois sur 12 ? Une chasse ouverte toute l’année, c’est l’assurance d’un cardio parfait pour tout le monde.
  • L’argument écologique inversé : Si le tangue est une espèce envahissante, pourquoi limiter sa chasse ? Les partisans du « tout-ouvert » affirment que c’est une mission de salut public. « On ne chasse pas, on jardine la forêt », entend-on parfois au détour d’un sentier.
  • La fin du braconnage par KO : C’est mathématique. S’il n’y a plus de période interdite, le braconnage disparaît instantanément. Plus besoin de surveiller les forêts la nuit, les gardes de l’ONF pourraient enfin se consacrer à la belote.

La réalité scientifique ou le moment « rabat-joie »

Malgré l’humour, le constat est plus sombre. Des sources comme la SEOR (Société d’Études Ornithologiques de La Réunion) rappellent souvent que la présence humaine et canine constante en forêt stresse les espèces protégées, notamment le Pétrel de Barau ou le Tuit-tuit.

De plus, l’idée de « réguler » le tangue par la chasse est un mythe : les prélèvements ne compensent jamais sa vitesse de reproduction fulgurante. À vouloir trop le chasser, on finit surtout par piétiner ce qu’il reste de forêt sauvage.

Le saviez-vous ? La saison de chasse 2024 s’est ouverte avec environ 900 permis délivrés. C’est beaucoup de monde pour un petit mammifère qui ne demande qu’à dormir dans son terrier.

Conclusion : Vers le « Civet-Total » ?

Plutôt que d’interdire cette pratique pour sauver nos sols et nos oiseaux, pourquoi ne pas aller au bout du concept ? Prochaine étape : le tangue comme animal de compagnie obligatoire ou l’installation de distributeurs automatiques de riz-chauffé-tangue devant toutes les mairies.

En attendant, la forêt, elle, continue de subir en silence le ballet des molosses et des lampes frontales.

JeF

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« Choisir de ne pas savoir, c'est déjà obéir. » Fidèle à cette devise qu'il a lui-même inventée suite à une insolation, JeF est une figure de proue du journalisme d'impact, celui qui percute la réalité jusqu'à ce qu'elle change de forme. Au-delà du côté humoristique, JeF est journaliste professionnel titulaire de la carte de presse.